Nécrologie : la terre de Bandjoun s'est refermée sur Bissi Mag, l'intemporel auteur du tube « Simo »
La musique camerounaise et le monde de la culture ont rendu un ultime hommage à l'une de leurs voix les plus emblématiques.
MUSIQUE


La musique camerounaise et le monde de la culture ont rendu un ultime hommage à l'une de leurs voix les plus emblématiques. L'artiste Bissi Mag, de son vrai nom Noubissi Fotso Luc Romuald, a été conduit à sa dernière demeure le samedi 17 octobre 2026 à Djioguo par Famla 2, dans la commune de Bandjoun, à l'issue d'un office religieux empreint de dignité et d'émotion.
Disparu le 29 juillet 2026 à l'Hôpital Général de Douala à l'âge de 55 ans des suites de maladie, l'auteur du légendaire succès « Simo » laisse le souvenir d'un créateur passionné, humble et indissociable de l'identité vestimentaire et musicale des Grassfields, arborant avec fierté son emblématique chapeau à larges bords et ses tuniques en étoffe Ndop.
Un long périple mémoriel de Douala à Bandjoun
Avant l'inhumation au village ancestral, les obsèques de l'artiste ont été ponctuées par un itinéraire mémoriel de plusieurs jours, rassemblant la grande famille de la culture, des figures majeures de la scène musicale et de nombreux admirateurs :
Mise en bière et hommages à Douala : Les cérémonies d'adieu ont débuté le jeudi 15 octobre 2026 avec la levée de corps organisée à l'hôpital militaire de la garnison de Bonanjo à Douala. Une foule de confrères et de personnalités s'y est recueillie aux côtés de son mentor, le patriarche Tala André-Marie, ainsi que d'artistes venus saluer la mémoire de leur confrère.
Prières et veillée artistique : La dépouille a ensuite été conduite à la paroisse Sainte-Monique de Makèpè pour une célébration religieuse, suivie d'une veillée artistique vibrante organisée à son domicile de Bedi-Malangué.
Escale émouvante à Nkongsamba : Le vendredi 16 octobre, le cortège funèbre a effectué une halte poignante au quartier 5 de Nkongsamba, la ville d'enfance où Bissi Mag a grandi et forgé ses premières inspirations musicales, avant de poursuivre sa route vers les montagnes de l'Ouest.
Une veillée traditionnelle au rythme des grands succès
Arrivée à Djioguo-Bandjoun, la dépouille a été accueillie lors d'une grande veillée traditionnelle et artistique au cœur du territoire d'origine du défunt. Entourée de la famille, des notables et des mélomanes venus de toutes les régions du pays, l'assistance a repris à un seul chœur les œuvres maîtresses qui ont façonné sa légende :
« Simo » : Son hymne intergénérationnel et fondateur.
« Muto » et « Kuate » : Des compositions saluées pour la richesse de leurs arrangements et la profondeur de leurs textes.
Au cours des témoignages poignants livrés lors de ces obsèques, ses pairs ont tenu à souligner l'impact culturel de sa démarche artistique, rappelant sa capacité à exporter les sonorités locales et la culture camerounaise bien au-delà des frontières continentales.
L'héritage d'un gardien du patrimoine sonore des Grassfields
Révélé au grand public au début des années 2000 et guidé à ses débuts par la figure tutélaire de Tala André-Marie, Bissi Mag a consacré plus de deux décennies à la valorisation du patrimoine musical traditionnel.
En associant la modernisation des rythmes locaux au respect des racines culturelles, il laisse derrière lui une discographie riche qui continuera d'inspirer les futures générations de musiciens. Sa terre natale de Bandjoun s'est peut-être refermée sur l'homme, mais son œuvre demeure éternelle dans le paysage culturel africain.
