Le Concert de l'Unité Africaine ouvre le TAKAD Tour à Yaoundé
Le 28 août 2026, Yaoundé a accueilli le Concert de l'Unité Africaine, lancement du TAKAD Tour avant la grande finale du 19 décembre à Libreville, entre musique, chefs traditionnels et ambitions panafricaines.
MUSIQUE


Le Village Noah a accueilli, le 28 août 2026, le Concert de l'Unité Africaine, coup d'envoi camerounais de la tournée The African Kotas Awards & Distinctions (TAKAD). Artistes, chefs traditionnels, diplomates culturels et acteurs économiques se sont retrouvés autour d'un même mot d'ordre : faire de la musique un pont entre les peuples du continent, avant la grande soirée de gala prévue le 19 décembre à Libreville.
Une soirée sous le signe de la fraternité
Sur la scène du Village Noah, à Tongolo, l'orchestre a marié balafon et instruments modernes pendant que Queen Eteme et Tsimi Toro donnaient le ton de la soirée. Le thème retenu par les organisateurs, « L'Afrique, continent d'avenir et d'opportunités pour l'humanité », a servi de fil conducteur à un programme mêlant prestations artistiques et prises de parole institutionnelles. Chefs traditionnels, responsables de médias et représentants du monde économique ont pris place aux côtés du public venu découvrir ce lancement.
Queen Eteme, présidente d'honneur du comité d'organisation du TAKAD pour le Cameroun, a rattaché cet événement à une filiation d'artistes qui ont porté la cause culturelle africaine avant lui. Elle a cité Manu Dibango et Pierre Akendengué comme des figures ayant assumé, selon ses mots, un sacerdoce de plusieurs décennies au service de la culture du continent, et appelé à transmettre ce relais à la jeunesse.
Yaoundé, étape avant Libreville
Le concert du 28 août ne se suffit pas à lui-même. Il ouvre une tournée camerounaise qui a débuté par une mission préparatoire à Douala, du 19 au 26 août, conduite par Hercule Nze Souala, président fondateur des TAKAD Awards, accompagné du vice-président Oulare Lassane. Cette étape visait à consolider les partenariats locaux avant que la délégation ne rejoigne la capitale.
L'ensemble s'inscrit dans la préparation de la 7ᵉ édition des African Kotas Awards & Distinctions, coorganisée cette année par le Cameroun et le Gabon, qui se déroulera du 1ᵉʳ octobre au 19 décembre 2026. Le point d'orgue se tiendra au Palais des Congrès de Libreville, lors d'une Grande Nuit de l'Excellence Africaine. Le programme gabonais prévoit également un African Startup Challenge réunissant vingt jeunes porteurs de projets, des rencontres d'affaires et un grand carnaval traditionnel.
Nze Souala a présenté le TAKAD comme un espace de mise en relation entre les talents du continent, destiné à récompenser ceux qui, selon lui, font rayonner l'Afrique sur son propre sol et à l'international.
Les chefs traditionnels, invités à la table du projet
La présence de chefs traditionnels sur scène a donné à la soirée une tonalité particulière. Gabriel Essoa Etoga, chef traditionnel de 2ᵉ degré de Batchenga, dans la Lékié, a salué l'initiative en des termes sans détour : un peuple sans tradition, a-t-il dit, est un peuple voué à l'échec. Il a invité les autorités coutumières encore réticentes à rejoindre le mouvement.
Cette association entre plateforme panafricaine moderne et autorités coutumières n'a rien d'accessoire. Elle traduit la volonté des organisateurs d'ancrer un projet tourné vers l'entrepreneuriat, la diaspora et les industries culturelles dans un rapport assumé aux traditions locales, plutôt que de les traiter comme un simple décor folklorique.
Ce que le TAKAD engage pour le Cameroun
Pour le paysage culturel camerounais, cet événement arrive dans un contexte où le pays cherche à capitaliser sur les infrastructures et la visibilité acquises lors de l'organisation de la CAN à domicile. Le Village Noah, déjà connu comme lieu de séjour de personnalités du football continental pendant la compétition, confirme ici sa vocation de scène pour des rendez-vous à portée panafricaine.
Le choix de codévelopper le TAKAD avec le Gabon interroge aussi la place du Cameroun dans les dynamiques culturelles régionales d'Afrique centrale, à un moment où plusieurs pays du bassin cherchent à structurer des filières créatives capables de générer des revenus et des emplois pour une jeunesse nombreuse. Associer un concert grand public, un volet entrepreneurial et une reconnaissance des autorités traditionnelles revient à tester un modèle où la culture ne se limite pas au divertissement, mais sert de levier économique et diplomatique.
Reste à savoir si cette dynamique se traduira, d'ici décembre, par des retombées concrètes pour les artistes et les jeunes entrepreneurs camerounais associés au projet, ou si elle restera une étape protocolaire dans une tournée déjà tournée vers Libreville.
