La 10ᵉ édition de « La Nuit du Patrimoine » célèbre les Bayam-Sellam dans les marchés de Douala et Nkongsamba

Du 21 au 24 octobre 2026, la création contemporaine et les traditions populaires s'invitent au cœur des lieux de vie les plus effervescents du Cameroun.

PATRIMOINE

Francky Onana

10/26/20262 min read

Du 21 au 24 octobre 2026, la création contemporaine et les traditions populaires s'invitent au cœur des lieux de vie les plus effervescents du Cameroun. Pour sa dixième édition, le festival culturel La Nuit du Patrimoine dresse ses podiums au milieu des étals des marchés de Douala et de Nkongsamba. Portée par l'association Patri(e) Art, cette édition jubilaire braque ses projecteurs sur une couche essentielle de la société : les Bayam-Sellam, consacrées pour l'occasion reines de la transmission culturelle et piliers de l'économie populaire.

Sous le thème évocateur « Bayam-Sellam : les influenceuses du Mboa », la manifestation transforme le quotidien de ces commerçantes en une véritable célébration artistique, mettant en lumière le rôle déterminant qu'elles jouent dans la préservation et la circulation du patrimoine vivant.

Des reines du quotidien reconnues comme gardiennes du patrimoine vivant

Levées dès 3 heures du matin et à l'œuvre jusqu'à la tombée de la nuit, les Bayam-Sellam assurent l'approvisionnement continu des ménages en vivres frais. Au-delà de leur rôle économique prépondérant dans le secteur informel, elles constituent un maillon central de la mémoire collective et des usages sociaux.

Pour Flora Houang, vice-présidente de l'association Patri(e) Art, le marché est avant tout un espace d'échanges linguistiques, culinaires et rituels :

  • Le marché, vecteur de langage : C'est dans la dynamique des transactions quotidiennes que naissent et se diffusent des expressions populaires devenues cultes dans tout le pays, à l'instar du célèbrissime terme « Asso ».

  • Des actrices de la cohésion sociale : En reliant les campagnes productrices aux centres urbains consommateurs, ces femmes transmettent des savoirs culinaires, des codes relationnels et une solidarité communautaire unique.

« Elles font partie intégrante de notre patrimoine. C’est une entité reconnaissable qui fait vivre l’économie populaire. Ce sont des personnes essentielles au bon fonctionnement de notre pays, de véritables gardiennes de nos traditions. » — Flora Houang, vice-présidente de Patri(e) Art.

Une programmation festive et citoyenne au cœur de quatre grands marchés

Pendant quatre jours, l'ambiance des marchés sélectionnés s'anime au rythme de concours artistiques, de débats et d'initiatives citoyennes. Les événements se déploient simultanément au marché Saker et au marché Dakar à Douala, ainsi qu'au marché Central et au marché B de Nkongsamba.

Le programme de cette 10ᵉ édition s'articule autour de plusieurs temps forts :

  • Compétitions et valorisation du savoir-faire : Organisation du concours du Meilleur étalage, de l'élection de Miss Bayam-Sellam, ainsi que d'un grand concours d'art culinaire axé sur la préparation traditionnelle du Koki.

  • Forums de discussion et citoyenneté : Des espaces de parole et de débats animés directement par les Bayam-Sellam pour aborder leurs réalités professionnelles, complétés par des campagnes d'assainissement et de salubrité au sein des espaces marchands.

  • Parcours et village du festival : Après les animations de journée au marché Saker dès le jeudi 22 octobre, les festivités se poursuivent en soirée au village du festival installé à Dakar, avant une grande journée de clôture prévue dans le quartier de Bali, chez Kiki Elame.

En décloisonnant l'art pour l'amener au plus près des étals, La Nuit du Patrimoine 2026 réaffirme que la culture ne réside pas uniquement dans les musées, mais s'épanouit d'abord dans l'énergie, la parole et le travail de celles qui nourrissent la nation.