‎Dakar 2026 : du 19 novembre au 19 décembre, la capitale sénégalaise devient l'épicentre mondial de la création contemporaine

‎Tous les regards se tourneront vers Dakar à la fin de l'année 2026.

ART PLASTIQUE

Francky Onana

8/27/20263 min read

‎Tous les regards se tourneront vers Dakar à la fin de l'année 2026. Du 19 novembre au 19 décembre, la capitale sénégalaise accueillera la 16ᵉ édition de la Biennale de l’Art africain contemporain, célèbre sous le nom de Dak’Art. Organisé sous le signe de la création du continent et de ses diasporas, cet événement majeur viendra conclure une période historique pour la ville, quelques jours seulement après la clôture des premiers Jeux Olympiques organisés sur le sol africain.

‎Pendant un mois complet, des artistes, commissaires d'exposition, collectionneurs, galeristes et passionnés d'art convergeront vers le Sénégal. Cette 16ᵉ édition s'inscrit dans un calendrier exceptionnel : du 31 octobre au 13 novembre 2026, Dakar, Diamniadio et Saly abriteront les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ), réunissant près de 2 700 jeunes athlètes. Moins d'une semaine après ce rendez-vous sportif et culturel majeur, Dak’Art prendra le relais pour faire vibrer la métropole au rythme des arts visuels.

‎Un thème ancré dans l'époque et une direction artistique internationale

‎L'histoire de Dakar avec les arts s'appuie sur une tradition mémorable, initiée dès 1966 avec le Premier Festival mondial des arts nègres. Instituée à la fin des années 1980, la Biennale s'est consacrée à la littérature en 1990 avant d'embrasser définitivement l'art contemporain en 1992 et d'asseoir son orientation africaine en 1996.

‎Pour cette édition 2026, la direction artistique a été confiée à l'historien de l'art, éditeur et commissaire franco-iranien Morad Montazami, fondateur de Zamân Books & Curating et ancien de la Tate Modern à Londres.

‎Le fil conducteur retenu s'intitule « (Anti)fragilité, arts de la réparation et stratégies du contrecoup ». Cette thématique explorera la manière dont la fragilité peut se transformer en force créatrice. Les projets artistiques interrogeront les notions de réparation, de solidarité, de cocréation et de coexistence entre les êtres humains et avec le vivant.

‎L'appel à candidatures international, clôturé le 15 juin, a ouvert la porte à une grande diversité de médiums :

‎- Peinture, sculpture et architecture,

‎‎- Photographie, vidéo, son et arts numériques,

‎‎-Design, installations, performances et street art.

‎Un parcours officiel et un programme OFF dans toute la ville

‎Les expositions de la sélection officielle investiront plusieurs sites emblématiques de la capitale sénégalaise. L'Ancien Palais de Justice au Cap Manuel constituera le cœur battant de la manifestation, accompagné par le Musée des Civilisations Noires et la Galerie nationale.

‎Cependant, la véritable énergie de Dak’Art réside également dans sa programmation parallèle. Le programme OFF permettra à des galeries, des collectifs, des ateliers, des espaces indépendants et même des restaurants de proposer leurs propres projets. Les inscriptions pour participer au OFF restent ouvertes jusqu'au 13 septembre 2026. La création quittera ainsi le cadre institutionnel pour investir les lieux du quotidien à Dakar et dans d'autres régions du pays.

‎Parmi les projets déjà annoncés figure l'exposition Palimpseste de villes africaines, DIG Where You Stand, qui débutera dès le 20 novembre dans le cadre du OFF. Elle réunira des créateurs, architectes et chercheurs autour des mutations urbaines du continent, avec la participation d'artistes de renom tels qu'Otobong Nkanga, Sammy Baloji et Tracey Rose.

‎‎Dakar au cœur d'une nouvelle géographie artistique.

‎Au-delà de la Biennale, la capitale dispose d'un écosystème culturel permanent et dynamique. Inauguré en 2018, le Musée des Civilisations Noires joue un rôle clé dans les débats sur le patrimoine. Par ailleurs, des résidences artistiques internationales renforcent l'attractivité de la ville, à l'instar de Black Rock Senegal, fondée en 2019 par l'artiste américano-nigérian Kehinde Wiley.

‎En réunissant sur quelques semaines le sport mondial, la musique, la mode, le patrimoine et la création contemporaine, Dakar s'affirme comme un point de rencontre et de reconnaissance autonome pour les artistes africains et leurs diasporas, redessinant ainsi la carte culturelle internationale.