À Yaoundé, la communauté Akum se retrouve autour de ses traditions et de son identité

À Yaoundé, la communauté Akum a vécu un moment important de rassemblement autour de son histoire, de ses traditions et de ses liens avec le village d’origine.

PATRIMOINE

Francky Onana

9/24/20263 min read

À Yaoundé, la communauté Akum a vécu un moment important de rassemblement autour de son histoire, de ses traditions et de ses liens avec le village d’origine. Le 20 septembre 2026, le National Museum de Yaoundé a accueilli une rencontre réunissant les fils et filles d’Akum installés dans la capitale, à l’occasion de la première visite du Fon Foh Chinelum Ngwashi I auprès de sa communauté depuis son accession au trône deux ans auparavant.

Organisée par l’Akum Welfare Association (AWA), la rencontre a rassemblé des représentants de différents quartiers d’Akum, des groupes d’âge et des associations de la communauté. Des chefs traditionnels, des membres de la communauté et des amis d’Akum ont également pris part à cette journée placée sous le signe des retrouvailles et de la transmission culturelle.

Cette visite s’inscrivait dans le cadre du « Meet the People Tour » du Fon, une initiative destinée à aller à la rencontre des membres de la communauté vivant en dehors du territoire traditionnel. Pour les Akum installés à Yaoundé, l’événement représentait ainsi une occasion de renouer avec leur communauté d’origine et de maintenir vivant le lien avec les traditions ancestrales.

Au cœur de la rencontre, la question de l’unité communautaire a occupé une place importante. Dans son adresse, le Fon a encouragé les membres d’Akum à préserver les liens qui les unissent et à rester attachés à leur patrimoine, même lorsqu’ils vivent loin de leur terre d’origine.

Cette dimension prend une importance particulière pour les communautés issues de régions où les traditions occupent encore une place centrale dans la vie sociale. La langue, les récits transmis par les anciens, les pratiques culturelles, les cérémonies et les liens familiaux constituent autant de repères permettant aux nouvelles générations de mieux connaître leur histoire.

La rencontre a également mis l’accent sur la transmission de cet héritage aux plus jeunes. Le Fon a notamment encouragé les familles vivant à Yaoundé à maintenir des liens avec Akum et à favoriser le retour des enfants vers les établissements scolaires de la localité. Une manière de rapprocher la nouvelle génération de son environnement culturel et de lui permettre de mieux comprendre les réalités de son territoire d’origine.

Pour la communauté réunie au Musée national, cette journée dépassait ainsi le simple cadre d'une visite coutumière. Elle constituait un moment de retrouvailles entre des personnes partageant une même histoire, malgré les distances géographiques et les parcours différents.

La présence de représentants de plusieurs générations a également donné à l’événement une dimension intergénérationnelle. Les plus anciens ont pu retrouver leurs proches et transmettre une partie de leur mémoire, tandis que les jeunes ont eu l’occasion de mieux découvrir les symboles et les valeurs liés à leur communauté.

Les associations jouent d’ailleurs un rôle important dans cette dynamique. À travers leurs activités, elles permettent aux membres d’une même communauté vivant dans les grandes villes de conserver des espaces de rencontre, de célébrer leurs traditions et de maintenir des relations avec leur terre d’origine.

L’Akum Welfare Association de Yaoundé s’inscrit dans cette logique. En accueillant le Fon et en réunissant les différentes composantes de la communauté, l’association a créé un cadre propice aux échanges et à la consolidation des liens culturels.

Au-delà des discours, la rencontre a également rappelé l’importance de la solidarité dans la préservation du patrimoine communautaire. Pour les Akum vivant à Yaoundé, rester connectés à leur village d’origine signifie aussi continuer à transmettre une mémoire collective et à faire vivre des pratiques culturelles dans un environnement urbain en constante évolution.

Cette rencontre illustre un phénomène présent dans de nombreuses communautés camerounaises : celui des populations installées dans les grandes villes qui cherchent à préserver leurs racines tout en évoluant dans de nouveaux environnements. Les associations culturelles et les rencontres traditionnelles deviennent alors des espaces essentiels pour maintenir ce lien.

À travers cette première rencontre avec ses fils et filles de Yaoundé depuis son accession au trône, Foh Chinelum Ngwashi I a ainsi placé la transmission et l’unité communautaire au centre de son message. Une démarche qui rappelle que l’éloignement géographique ne signifie pas nécessairement la rupture avec les racines.

Dans une capitale où se côtoient des communautés venues de toutes les régions du Cameroun, cette rencontre Akum apparaît finalement comme une célébration de l’identité, de la mémoire et de la fraternité. Un moment où une communauté dispersée par les parcours de vie s’est retrouvée autour d’un même héritage culturel.